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La caractérisation des chevaux

Par Stéphane Galais
BEES 1 Equitation
Comportementaliste/éducateur équin
Formateur CFPPA St Hilaire du Harcouët

S’appuyant sur les trois piliers du développement durable, l’utilisation du  cheval dans les villes tend à se développer ces dernières années, pour des services d’entretien, de transport, de surveillance etc… Ce retour se fait dans un contexte différent des années où le cheval connaissait son apogée. Les centres urbains sont étudiés et pensés pour les automobiles et par des conducteurs de celles-ci. La connaissance des animaux, acquise autrefois par les citadins, grâce à un contact quotidien dans un environnement imprégnés par les chevaux, n’existe plus. La société a évolué et exige plus de sécurité et de responsabilité.
Une autre évolution sociétale est à noter, c’est le regard porté sur les animaux. Autrefois réduit au statut de simple d’outil, asservi aux volontés des hommes, le cheval est aujourd’hui considéré avec plus de compassion et de compréhension, la vulgarisation des connaissances éthologique ayant largement participé à ce phénomène. Les équidés acquièrent le statut d’être sensible, « patient moral ».
Pour valoriser au mieux les atouts des équidés (vecteur pédagogique de la relation  à l’autre, du rapport au temps, du développement d’une  conscience écologique etc..), les acteurs de la filière doivent prendre en compte les attentes de la société, car son utilisation  n’est plus une nécessité, ce qui fragilise son retour. La caractérisation s’inscrit dans ce travail collectif.
Au sens littéral caractériser signifie : « Mettre en relief les traits dominants, distinctif, de quelqu’un, de quelque chose ». Pour les chevaux il s’agit de déterminer le tempérament,  les traits de caractères qui correspondent aux objectif de son utilisation.
Ce travail de détermination permet concrètement

– aux collectivités territoriales d’acquérir des animaux adaptés à leurs besoins, afin de garantir la sécurité des citadins

– de structurer et professionnaliser la filière du cheval utilitaire en donnant aux éleveurs un outil  pour orienter leurs décisions d’élevage et le travail des chevaux.

De façon plus transversale, la caractérisation permet d’optimiser la relation Homme cheval. Une relation homme cheval de qualité est l’élément fondamental pour atteindre les objectifs précités, et par conséquent pérenniser les projets hippomobiles. La relation est une dialectique dynamique et interactive entre le cheval et le cocher. Les deux protagonistes peuvent être à l’origine d’une situation insécurisante. On comprend donc qu’une réflexion sur la caractérisation doit s’associer à une réflexion sur la formation.  Ceci dit les cochers et meneurs territoriaux ont en priorité à assurer une mission de service,  il doit par conséquent leur être fourni des chevaux qui autorisent une relation de confiance sans qu’il leur soit pour autant nécessaire d’avoir des compétences de dresseur.

 

Comment mettre en évidence les aptitudes des chevaux?

L’évaluation est réalisée par une série d’épreuves  ou tests qui permettent de collecter des informations sur le cheval afin de réaliser un profilage.
Le test se compose  de  mises en situation concrètes où l’on peut évaluer les réactions du cheval.

Les tests sont complémentaires et croisent les informations afin de faire ressortir le profil un niveau d’éducation et une aptitude à l’activité d’attelage en milieu urbain. L’objectif est de  faire ressortir la nature intrinsèque de l’individu et son niveau d’éducation.

L’évaluation
Afin de cerner au mieux le profil du cheval,  il faut éviter les évaluations subjectives dues à une observation influencé par l’expérience du jury. Pour cela, on peut utiliser des grilles d’évaluation critériées. L ‘évaluation critériée est basé sur la hiérarchisation de critère de plus en plus fins :
Schéma

L’évaluation critériée, évite également que les évaluateurs aient un jugement influencé par un événement spectaculaire mais peu pertinent, ou qui, seul, ne permet pas de définir le profil du cheval. Cette approche favorise aussi l’harmonisation des jugements entre évaluateurs en répondant à la question : sur quoi va porter mon attention lorsque je vais évaluer le cheval ?
Cela suppose cependant que les évaluateurs soient formés à la lecture des critères comportementaux.

Interpréter les résultats
L’outil d’évaluation ne remplace pas le jugement des évaluateurs mais permet d’établir le profil à partir de la combinaison des résultats des différents tests.
L’interprétation est modulable. Il faut, déterminer le niveau d’exigence en fonction de l’objectif. L’exigence peut varier en fonction de l’âge et du contexte de travail.
Dans tous les cas, il faut avoir en tête le profil optimum recherché, pour faire un comparatif entre le résultat des taches que l’on demande au cheval, et la qualité des résultats fournis.
Un travail qui doit émaner de la profession reste à faire, c’est la détermination du profil optimum d’un cheval utilitaire.

Perspectives
Pour répondre aux attentes de la filière et des collectivités territoriales, comme il a été souligné dans un rapport  ministériel de 2012  sur les chevaux territoriaux, il est nécessaire de mettre en place une réflexion collective qui dépasse les intérêts individuels,  pour créer un outil consensuel.
Pour ma part je pense qu’il serait judicieux de créer une commission de travail réunissant l’ensemble des acteurs référents de la filière, pour mettre en place des épreuves de caractérisation d’essais, en partenariat avec les éleveurs, et de créer des outils complémentaires ( carnet de suivis des acquis).

La caractérisation des chevaux peut garantir la transparence, valoriser le travail des professionnels et rassurer les élus en répondant aux attentes sociétale actuelles.

 

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