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SMATAH, une patrouille équestre pour l’entretien du canal de Nantes à Brest

La patrouille équestre du SMATAH existe depuis 2011. Elle inspecte les rives du canal, remplaçant dans cette mission un véhicule utilitaire motorisé. L’utilisation du cheval de trait présente plusieurs avantages : elle fait appel à des ressources locales et durables, redonne confiance aux salariés du chantier d’insertion du Syndicat Mixte, crée du lien avec les touristes et promeut une race locale de cheval.

En 2013, le SMATAH répond à l’appel à projet cheval territorial lancé par la région Bretagne. Son projet est retenu et permet d’acquérir en 2014 un second cheval ainsi que du matériel adapté pour l’entretien des berges.

CARTE D’IDENTITÉ

Syndicat Mixte d’Aménagement Touristique de l’Aulne à l’Hyères (SMATAH). Il s’agit d’un établissement public regroupant 22 communes riveraines du Canal de Nantes à Brest en Finistère et le Conseil Départemental du Finistère. Il est chargé d’entretenir les berges et la voie d’eau sur sa portion finistérienne ainsi que de sa valorisation touristique à travers la sauvegarde et la promotion du patrimoine qu’il soit historique ou naturel. Le SMATAH s’est également fixé des objectifs liés à l’insertion de publics en difficulté.

HISTORIQUE

Dans le cadre de sa politique de développement durable, le SMATAH recherche une alternative à l’utilisation d’un fourgon sur le halage pour sa mission « Patrouille de sécurité et entretien ». Dans un esprit d’innovation, une 1ère patrouille est alors mise en place avec un âne.

L’idée d’utiliser un cheval de trait suit. Le SMATAH établit des contacts avec l’ICIRMON (Institut du Canal Ille et Rance Manche Océan Nord), qui fait appel à la traction animale pour certains de ses travaux, par le biais de prestataires. Pour concrétiser l’idée de patrouille équestre. le SMATAH fait appel à l’élevage Ar Maner, qui l’accompagnera dans la mise en œuvre du projet. Spécialisé dans l’attelage, le débourrage et la formation des chevaux au travail, loisirs, compétition et animation basé à Rédéné (29), le cheval « Pesk Ebreul »,issu de cet élevage a été préparé en traction animale de sorte qu’il puisse, par la suite, être utilisé par des maraîchers, des agriculteurs, des débardeurs ou des collectivités (transports scolaires, entretien, ramassages divers,…). Ar Mener a également assuré la formation de l’encadrant du SMATAH dans le cadre de son école d’attelage et de formation de meneur. Il est décidé que la patrouille équestre constituera également un outil d’insertion. De ce fait, c’est l’encadrant du service d’insertion qui est formé à la pratique de l’attelage.

A partir de 2011, la patrouille équestre, emmenée par Pesk ebreul (Poisson d’avril en breton), sillonne le canal pour inspecter les berges et le canal.

PATROUILLE ÉQUESTRE

La patrouille équestre attelée alterne, quotidiennement, remontée et descente du canal, de Port Launay à l’Aulne, puis Rosvéguen, Bizernig, Pont Triffen et Goariva, soit 85 km au total. Elle est menée par l’encadrant accompagné d’un membre du chantier d’insertion. Ses missions sont les suivantes

– Vérification de l’état général du halage et du canal (écluses)

– Ramassage des poubelles

– Vérification de l’état des panneaux et des aménagements touristiques (tables, bancs)

Avantages de la démarche

– Meilleur rapport avec le public présent sur les canaux

– Valorisation du patrimoine naturel local, en cohérence avec les objectifs du SMATAH

– Moindre impact environnemental (bruit, émissions de CO2, odeurs) que le véhicule motorisé

En 2013, une rencontre avec un prestataire installé à proximité permet de lancer l’idée d’un broyage thermique hippotracté. Un essai est effectué, qui s’avère concluant. Le SMATAH répond alors à l’appel à projet cheval territorial 2013 lancé par la région Bretagne. Son projet est retenu et permet d’élargir le champ d’action de la patrouille équestre.

La patrouille compte alors deux chevaux, Pesk Ebreul et Vivaldi, qui permettent d’intervenir de manière douce pour différentes missions d’entretien du linéaire.

ENTRETIEN DES CHEMINS

Broyage du chemin de contre halage

À partir de la fin 2014, d’autres missions sont affectées à la patrouille équestre, notamment l’entretien des chemins. Le broyage de l’herbe est effectué sur le chemin de contre-halage, pour en limiter la pousse et faciliter ainsi le passage des randonneurs et des promeneurs. Cette opération est effectuée par un broyeur thermique tracté par le cheval, sur l’emprise piétonnière du chemin de contre-halage entièrement végétalisée.

Avantages de la démarche

Le chemin  de contre halage présente plusieurs caractéristiques, pour lesquelles le broyage hippotracté se révèle bénéfique :

– il abrite des sites de reproduction des chauves-souris (préservés par l’emploi du cheval en lieu et place de véhicules lourds)

– il a été historiquement entretenu par des animaux (vaches des éclusiers, utilisation de la traction hippomobile),

– il permet indirectement de limiter la prolifération des ragondins (ondes sonores se répercutant dans leurs galeries lors des passages)

Par ailleurs, le broyage hippomobile permet d’intervenir de manière plus régulière, quelque soit l’état du chemin (pour rappel le contre halage est souvent soumis à des inondations, des chutes d’arbres, il est pentu par endroit…), en toute saison, y compris en des endroits devenus trop étriqués pour le passage des tracteurs.

Désherbage à l’eau chaude

En 2015, du matériel est également acquis et adapté pour effectuer le désherbage à l’eau chaude des chemins de halage. 3 à 4 passages sont effectuées chaque année pour éradiquer les indésirables. Cette machine permet également l’enlèvement de la bande enherbée située au milieu du chemin de halage. Cette bande pose des problèmes de sécurité pour les personnes en vélo tractant des remorques mais surtout pour les personnes à mobilité réduite qui n’ont pas, de fait de sa présence, une largeur suffisante pour se balader en fauteuil roulant en toute confiance. Les piétons sont quant à eux gênés et risquent la glissade par temps humide.

Patrouille montée

Durant l’hiver 2016, les chevaux ont également été utilisés montés, pour permettre des patrouilles visuelles et vérifier le bon état du canal et de ses abords compte tenu des conditions hydrologiques.

De ce fait, l’action du cheval sur la portion finistérienne est complète et cohérente.

L’année 2017 marque un nouvel élan au service hippomobile du SMATAH par le recrutement d’un nouveau meneur. Arnaud Lecompte, fort de son expérience passée, propose de nouvelles techniques de travail. Après une phase de découverte et d’analyse de l’environnement du canal, des contraintes et des besoins plusieurs propositions ont été faites pour développer les missions du service hippomobile.

Dès lors, le service est professionnalisé sur le développement de la traction animale moderne. Pesk Ebreul est mis à la retraite, seul Vivaldi reste au SMATAH. Une nouvelle recherche d’une paire de chevaux est envisagée pour pouvoir travailler en paire sur des missions spécifiques. Un appel d’offre est lancé et abouti à l’acquisition d’une paire de jument Trait du Nord en Octobre.

Dans le cadre de sa démarche de développement durable, le SMATAH  fait le choix de recourir au service hippomobile pour mettre en pratique ces nouvelles modalités d’entretien des chemins de halage et de contre halage.

La brigade se compose désormais de 2 agents et en soutien, une personne issue du chantier d’insertion Patrimoine Durable et de 3 chevaux : Vivaldi, Trait breton et de Coquine et Divine, Trait du Nord.

Au cours de l’année 2017, l’équipe hippomobile est intervenue via :

Le fauchage hippomobile

Les travaux de fauchage hippomobile, entrepris à l’aide d’un broyeur thermique halé en solo ont lieu principalement en contre halage.

Prenant la place d’un tracteur, l’attelage hippomobile favorise le broyage de l’herbe, du bois mort, des ronces et de différentes plantes indigènes. Intervenant sur un site fragilisé, devant être entretenu avec précautions (zone Natura 200), ce mode de gestion préserve l’infrastructure en limitant le poids roulant, autorise les travaux sur sol humide, sans marquer le passage à travers l’apparition d’ornières.

L’intervention porte sur 2,50 à 3 mètres de largeur de coupe, effectuée en cheminements de type aller-retour qui respectent dans leur périodicité les cycles naturels de reproduction des végétaux, animaux, …facilitent l’entretien du chemin de contre halage, sans fragiliser la berge en préservant les surlargeurs.

Ces interventions favorisent la randonnée pédestre, le passage des VTT ou des joggeurs comme l’accès à la berge pour les pêcheurs.

Le débardage

Le débardage, première opération après la coupe qui consiste à transporter les arbres abattus du lieu de coupe vers le lieu de dépôt ou de décharge provisoire, est apparu rapidement, dans sa version équine, comme une possibilité des plus intéressantes. Placé devant la nécessité de recourir à l’usage d’un matériel spécialisé du type porte-grume qui ne soit pas un trinqueballe afin de ne pas déstructurer le chemin de halage en trainant les troncs, les services métallerie et hippomobile du SMATAH, ont réalisé en régie le matériel adéquat.

A travers une franche collaboration avec les autres équipes du SMATAH, les opérations de débardages, ont apportées la preuve de la complémentarité des tâches entre tracteurs et cheval, comme la compatibilité des méthodes de travail.

Les véhicules mécaniques interviennent sur les billes les plus grosses, sur les branchages les plus diffus quand le cheval prend en charge, pour sa part, les bois de 1 à 1,5 tonnes en les débardant vers l’aire de stockage. Le cheval ne se substitue pas au tracteur, celui-ci ne remplace pas celui-là, mais tous deux agissent de concert de sorte que la mission puisse être menée avec plus d’efficacité et de rapidité, compte tenu des caractéristiques très particulières du travail en bord de canal sur un cheminement touristique.

La balayeuse

L’automne venant, les arbres perdent leurs feuilles, les bogues de châtaignes stagnent sur le chemin de halage, leur pourrissement encourage le développement de la bande centrale enherbée, mettant en cause la sécurité et le confort des usagers à mobilité réduite ou des conducteurs de remorques cyclistes.

La balayeuse, réalisée en interne, à partir d’un ancien faneur-andaineur, outil agricole naguère utilisé pour remuer le foin, quatre imposants balais sont venus remplacer les dents de fanage. Ils sont mus par des pignons démultiplicateurs qu’actionne un axe relié aux roues. Il suffit donc de faire avancer le cheval, pour que les balais… balaient.

La balayeuse est directement tractée en solo ou en paire par brancard ou timon. Il a été rajouté un siège de meneur pour plus de confort à l’utilisation. Les balais chassent sur le côté du chemin les feuilles et détritus végétaux sans détériorer les sols, les balais ont l’avantage de ne pas gratter les matériaux du chemin de halage.

Le transport de matériaux en zone sensible

En zone sensible du fait d’accès compliqués voire impossible, le SMATAH a recours à la traction animale pour acheminer les matériaux sur place.

A travers l’aménagement d’aires de repos réalisé par le service « Patrimoine Durable », plutôt que d’utiliser des tracteurs et autres engins de levage qui menacent d’endommager la digue ou le chemin ou de porter préjudice au développement harmonieux de la faune sauvage, le chantier d’insertion préfère recourir aux services de la cavalerie du SMATAH pour apporter les matériaux ou le mobilier sur place.

De nouvelles missions attendent notre service hippomobile en 2018 suite à un investissement en certain matériel :

– avant train avec relevage de chez Hisko,

– mini-épareuse d’accotement

– broyeur de branches.

Les missions de tonte de la bande enherbée du chemin de halage et de balayage du halage au printemps et à l’automne se poursuivront.

En complément du broyage linéaire du contre halage, il sera désormais effectué du broyage d’accotement de douve et de tête de berge.

Cette année de l’entretien avec des opérations d’élagage de bois de berges et de rives seront entrepris à l’aide de tronçonneuses et du broyeur de branches réalisés en collaboration avec le chantier d’insertion Patrimoine Durable. Mais également de l’extraction de bois suite à des chutes d’arbres ou par sécurité, les plus grosses pièces seront sorties à l’aide des dégrumeurs.

L’accomplissement de ces tâches met en évidence l’indéniable complémentarité des méthodes traditionnelles appuyées sur les moyens modernes de travail avec les pratiques mécanisées contemporaines. Le cheval de travail peut tout à fait trouver sa place en complémentarité du recours au tracteur.

Chaîne Youtube du SMATAH

 

 

  • Carte du périmètre d'action du SMATAH
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Annexes
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